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Le fragile équilibre du taux zéro de la Banque nationale suisse
information fournie par Zonebourse 24/09/2026 à 15:00
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La BNS maintient son taux directeur à 0%, aidée par un franc qui lui offre une précieuse marge de manoeuvre. Mais le retour du risque inflationniste et les tensions sur l'énergie pourraient rapidement fragiliser cet équilibre.

Au pays du lait, du miel et des taux à 0%

Sans grande surprise, la Banque nationale suisse (BNS) a maintenu son taux directeur à 0%. Une décision qui s'inscrit dans son mandat de stabilité des prix, légèrement différent de celui d'autres grandes banques centrales comme la BCE ou la Fed.

Pour la BNS, la stabilité des prix correspond à une hausse des prix à la consommation inférieure à 2% par an, tout en excluant une situation de déflation.

Autre particularité : contrairement à certaines banques centrales, la BNS ne s'interdit pas d'intervenir sur le marché des changes. Elle dispose donc de deux leviers : les taux directeurs et le franc suisse, le fameux "Swissie".

Le franc, allié de la BNS

Pour Arthur Jurus, CIO d'ODDO BHF Suisse, le "franc est l'allié de la BNS".

Alors que d'autres banques centrales maintiennent leurs taux à des niveaux élevés ou les remontent, la Suisse bénéficie d'un assouplissement de ses conditions monétaires grâce à l'élargissement du différentiel de rendement.

En clair, les placements en francs suisses deviennent relativement moins attractifs. La monnaie se déprécie, ce qui permet à la BNS de bénéficier d'un assouplissement sans avoir à toucher à son taux directeur.

Le revers de la médaille

Mais le ton de la BNS a subtilement changé. Pour la première fois depuis longtemps, le risque inflationniste semble prendre le pas sur le risque déflationniste.

Car si la baisse du franc offre davantage de flexibilité à la banque centrale, elle a aussi un coût : elle renchérit les importations.

C'est là qu'une grande partie de l'équation se joue. La Suisse importe notamment du pétrole et de l'énergie, dont les prix peuvent fortement augmenter sous l'effet des tensions internationales.

Une hausse qui, combinée à un franc plus faible, ferait peser un risque non négligeable d'inflation importée. La BNS a donc toutes les raisons de rester vigilante.

Encore trop tôt pour parler de stagflation

D'un autre côté, les chiffres de croissance publiés en Suisse apparaissent flatteurs et méritent d'être relativisés. Le bond du PIB au deuxième trimestre a notamment été porté par une performance exceptionnelle de la chimie-pharma.

D'autres indicateurs sont moins favorables : l'utilisation des capacités industrielles reste inférieure à sa moyenne et le chômage a continué de progresser.

Il est donc encore trop tôt pour parler de stagflation. Mais il serait imprudent de penser que la BNS écarte totalement ce scénario.

Un tableau moins rose qu'il n'y paraît

Le principal danger est donc clairement identifié : il vient de l'extérieur.

Un nouveau choc énergétique lié aux tensions au Moyen-Orient pourrait placer la BNS face à une équation particulièrement délicate, en combinant une inflation plus élevée et une croissance plus faible.

Autrement dit, le pire cocktail pour une banque centrale dont la marge de manoeuvre sur les taux est déjà très réduite.

Dans un tel scénario, la Suisse pourrait être contrainte d'envisager un retour aux taux négatifs. Mais l'expérience de 2015 à 2022 n'a pas nécessairement laissé de bons souvenirs.

Si la BNS sait qu'elle peut s'offrir une marge de manoeuvre supplémentaire, elle est loin d'ignorer qu'elle devra la payer au prix fort.

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